Les constructions anarchiques font rage dans toute la ville de Bukavu et la concession de l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu n’est pas en reste

 

L'Hopital Provincial General de Reference de Bukavu, victime des constructions anarchiques en ce jour à Bukavu

Lors de sa création en 1929, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu bien que situé au cœur de la ville de Bukavu, au carrefour des trois communes (Kadutu, Ibanda et Bagira) qui constituent ladite ville, se trouvait à cette époque éloigné des habitations, seuls le Camps des Agents de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo, l’Institut Supérieur de Développement Rural et les Cliniques Universitaires de Bukavu étaient ses voisins les plus proches à plus de 300 mètres.

Les collines qui le surplombent étaient couvertes d’une verdure impressionnante avec d’arbres de plusieurs types.

C’est vers les années 1990 que la déforestation de ces collines  commence avec l’avènement des réfugiés rwandais qui y coupèrent les arbres pour des fins de cuisine. Vers les années 2000, avec les guerres successives qui secouèrent les différents villages de la province du Sud-Kivu, ces derniers seront dépeuplés de ses habitants qui vinrent s’installer à Bukavu, fuyant ainsi l’insécurité et la terreur des groupes armés.

Bukavu étant surpeuplé, certains de ses habitants vont s’attaquer aux versants des collines se trouvant en hauteur de  l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu en érigeant leurs maisons, et cela sous l’œil impuissant de l’autorité publique.

       

Colline surplombant l'Hôpital

 

Se sentant menacé, pour se protéger contre la spoliation de sa concession mais aussi des eaux de pluie en provenance des toitures de toutes ces constructions anarchiques, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu avec ses maigres moyens et des dons de personnes de bonne foi, avait réussi à construire un canal d’une longueur d’environ 300 mètres et à couvrir toute sa concession d’une dimension des six hectares d’une clôture en maçonnerie.

L’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu étant prévoyant, en construisant ses murs d’enclos avait laissé un espace des deux mètres entre les constructions anarchiques et ses murs d’enclos pour lui permettre d’y faire des entretiens et éviter ainsi l’écroulement de ses murs.

Malheureusement, à l’heure actuelle cet espace des deux mètres laissés par l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu n’existe plus, ces habitants constructeurs anarchiques y ont érigé leurs maisons, cuisine, douche, toilettes,…, allant jusqu'à coller les murs l’HPGRB comme s’il était un mur mitoyen.

 

  Les constructions anarchiques collent le mur de l'Hôpital

 

 

Quand il pleut, il est très désolant de voir la scène. Les murs de l’enclos de l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu sont inondés d’eaux en provenance des toits des constructions anarchiques, son canal d’évacuation d’eaux est submergé des déchets en provenance des cuisines des constructeurs anarchiques, des bouteilles en plastique, des sacs en caoutchouc, des branches d’arbres, des animaux domestiques morts, …, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu se trouve ainsi dans l’obligation d’embaucher des gens pour effectuer  l’écurage de ce canal, le peu d’argent qu’il aurait dû orienter dans d’autres projets est payé à ces agents pour cette fin.

 

Déchets se déversant dans le canal de l'Hôpital

 

Comme si cela ne suffisait pas, les murs d’enclos de l’Hôpital Provinciale Général de Référence de Bukavu qui ont longtemps résisté aux inondations et aux charges des maisons construites anarchiquement ont fini cette fois par céder. C’était dans la soirée du 27 Septembre 2016 vers 17H00 lorsqu’une forte pluie s’abattait sur la ville de Bukavu, que les murs de l’enclos del’HPGRB ayant suffisamment pris d’eaux des toits des maisons l’entourant ont fini par s’écrouler à trois endroits d’environ cinq à dix mètres chacun. Ces ouvertures constituent un danger pour le patrimoine de l’institution, pour les patients ainsi que le personnel.

 

  

         

            

   Écroulement du mur de l'Hôpital

 

L’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu sollicite une intervention énergique et urgente de la part de l’autorité politico-administrative afin d’interdire toute construction au bord des deux mètres de son enclos et la destruction sans condition des toutes les constructions se trouvant sur cet espace, avant qu’il ne soit trop tard.

L’inaction de la part de l’autorité politico-administrative face aux actes de ces constructeurs anarchistes conduirait à la disparition, à petit feu, de cet édifice public, patrimoine commun, dans les annales des structures médicales de la République Démocratique du Congo.

Par ailleurs, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu dit d’avance un grand merci à toutes les personnes publiques ou privées, morales ou physiques animées par la bonne volonté, qui lui apporteraient un soutien pour la réparation de ses murs d’enclos et pour la protection de cette structure médicale.